Le SFEPA saisit le gouvernement et demande des aides spécifiques pour sauver la filière du spectacle pyrotechnique et de l’artifice de divertissement

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Dans notre courrier du 20 avril 2020 adressé à Monsieur le Premier ministre , notre organisation professionnelle, le Syndicat des fabricants d’explosifs, de pyrotechnie et d’artifices (SFEPA) alertait le gouvernement en regard des enjeux économiques liés au maintien des spectacles pyrotechniques de la saison estivale.

A l’issue de l’été, les indicateurs économiques de la profession font d’ores et déjà ressortir un bilan catastrophique et notre organisation professionnelle tire la sonnette d’alarme. Par rapport aux résultats économiques de l’exercice 2019, le chiffre d’affaires 2020 des sociétés industrielles du domaine du spectacle pyrotechnique a été divisé par 5, soit une chute de près de 80%, bien en deçà du seuil « vital » des 50% de perte que nous avions indiqué dans notre précédente note d’avril.

Si les chiffres d’affaires enregistrent une chute vertigineuse, un certain nombre de charges en revanche demeurent pour certaines incompressibles.

Ce sont principalement les charges afférentes aux sites de fabrication et de stockage des explosifs qui sont des installations classées pour l’environnement (ICPE) et doivent répondre à des exigences réglementaires en termes de sécurité et de sûreté. Elles comprennent notamment une part importante de la masse salariale des équipes de permanents devant rester en poste ainsi que leurs services supports. Pour illustrer nos propos, si en 2019, la masse salariale globale représentait en cumul à fin d’année environ 25% du chiffre d’affaires, en 2020 le chiffre d’affaires réalisé à fin d’année devrait tout juste servir à couvrir ces seules charges de personnels.
Il sera par conséquent impossible aux sociétés de couvrir les autres charges nécessaires au fonctionnement de leurs entreprises. En effet, en dehors des achats matières premières, malgré les efforts des sociétés, ces autres charges également incompressibles, représentant habituellement 30% du volume du chiffre d’affaires, atteindront plus de 60% du montant du chiffre d’affaires réalisé fin 2020.

Compte tenu de ces éléments, dans l’absence de perspective de rentrée de chiffre d’affaires avant le printemps 2021, nous en appelons à des aides financières de l’Etat appliquées aux sociétés industrielles du domaine du spectacle pyrotechnique avec notamment, l’effacement des charges sociales et fiscales, un dispositif de prise en charge des frais fixes des établissements, des dérogations pour avoir accès aux aides du fonds de solidarité aux entreprises, mis en place pour faire face à la crise économique causée par le Covid-19 (critères restrictifs de chiffre d’affaires, de nombre de salariés, de perte de revenus), des aménagements du dispositif du « PGE Saison ».

En conclusion, il est incontestable que la filière industrielle de l’artifice de divertissement se trouve grandement fragilisée. Les dispositions dont elle a pu déjà bénéficier ne couvrant, que moins de 10% de l’ensemble des charges incompressibles, les sociétés industrielles d’artifices qui supportent quasiment toute la chaîne de valeurs des artifices de divertissement en France ne seront plus en capacité d’assurer leur viabilité économique d’ici fin 2020. Elles entraîneront inévitablement très rapidement dans leur chute un grand nombre d’acteurs de la filière ce qui interdira à terme durablement la réalisation de feux d’artifice en France.